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Pegivirus équin (EPgV)

Virus très répandu mais à pathogénicité encore incertaine, le Pegivirus équin est surtout un témoin d’exposition iatrogène et de co-circulation virale chez le cheval, plutôt qu’un agent hépatopathogène avéré

Prélèvement

Sang sur tube sec ou EDTA ou biopsie hépatique (dans un tube avec sérum physiologique voire dans un tube sec / Pas de formol !)

Acheminement

Idéalement < 24 h, sous couvert du froid (ne pas poser directement sur le pain de glace)

Délai de réponse

48 à 72H

Coût

48,30 € TTC
Recherche 1 ou plusieurs virus hépatiques
Les autres virus hépatiques sont : Hepacivirus équin, Pégivirus équin et TDAV.
Une synthèse est présentée dans la fiche « Bilan virus hépatiques »
1 valence : 48,30 €, 2 valences : 75,56 €, 3 valences : 101,26 € et 4 valences : 114,25 € TTC (2026)

Principe

L’Equine Pegivirus (EPgV) est un virus à ARN simple brin de polarité positive appartenant au genre Pegivirus (famille Flaviviridae), distinct phylogénétiquement des Hepacivirus (dont le EqHV) et du TDAV.

Sa découverte est récente (2013), et sa pathogénicité clinique reste mal définie chez le cheval. Contrairement aux Hepacivirus, l’EPgV ne présente pas de tropisme clairement hépatique démontré.

Origine et classification

  • Famille : Flaviviridae
  • Genre : Pegivirus (Pegivirus A–K)
  • Virus équin concerné : EPgV (Equine Pegivirus)

L’EPgV est phylogénétiquement distinct du NPHV (Hepacivirus A) et du TDAV (Pegivirus associé à la maladie de Theiler), bien qu’il puisse co-circuler avec eux.

Épidémiologie

Les études internationales rapportent une prévalence variable selon la méthode de détection :

  • Prévalence PCR : ~ 1 à 32 %
  • Séroprévalence : parfois jusqu’à ~ 59 %

Cela suggère une large diffusion mondiale, comparable à celle de l’EqHV.

Transmission

La transmission de l’EPgV est principalement suspectée comme iatrogène, par :

  • Produits biologiques équins contaminés (sérums, plasma, milieux de culture à base de sérum équin).
  • Voie parentérale (injections, transfusions) – voie démontrée pour des virus proches (NPHV).
  • Possibilité de co-infection dans des produits vétérinaires commerciaux contenant à la fois NPHV et EPgV.

La transmission naturelle (contact, verticale, vectorielle) reste mal caractérisée à ce stade.

Tropisme tissulaire (point clé)

Contrairement à l’EqHV :

  • L’EPgV ne semble pas hépatotrope de façon claire.
  • Les études de suivi par PCR ont montré une détection préférentielle dans les PBMC (leucocytes mononucléés du sang périphérique) chez des poulains infectés de façon persistante.
    → Cela suggère un tropisme leucocytaire, similaire aux Pegivirus humains.

Clinique et pathogénicité

À ce jour :

  • Aucune association claire avec des hépatites cliniques équines.
  • L’EPgV est souvent détecté chez des chevaux sans signes cliniques évidents.
  • Des co-infections fréquentes avec l’EqHV compliquent l’interprétation clinique.

Conclusion actuelle

L’EPgV est considéré comme un virus à pathogénicité faible ou indéterminée, avec un rôle clinique encore incertain.

Co-infections (élément important)

De nombreuses études rapportent une co-infection EPgV + EqHV, notamment :

  • Dans des chevaux infectés naturellement.
  • Dans des produits biologiques contaminés.

Ces co-infections ont parfois biaisé des études expérimentales

Diagnostic de laboratoire

Méthodes disponibles :

  • RT-PCR (temps réel) : détection directe du génome viral (méthode de choix).
  • Sérologie : possible dans certains laboratoires de recherche, mais non standardisée en routine.

Indications du dépistage EPgV

  • Bilan hépatique complet inexpliqué.
  • Contexte d’exposition iatrogène (sérum/plasma équin, transfusion).
  • Études épidémiologiques ou recherche.
  • Co-infection suspectée avec EqHV ou TDAV.

Interprétation

  • Une PCR positive pour EPgV seule n’explique pas à elle seule une hépatopathie.
  • En cas d’anomalies hépatiques, rechercher EqHV et TDAV en parallèle.
  • L’interprétation doit intégrer :
    • Contexte clinique
    • Bilan biochimique hépatique (GGT, GLDH, ASAT, acides biliaires)
    • Historique d’injections de produits biologiques équins

À associer systématiquement à

Message clé Labéo

Le pégivirus équin (EPgV) est un virus très répandu, probablement transmis majoritairement de façon iatrogène,
sans pathogénicité hépatique démontrée à ce jour ; il doit être recherché surtout dans un cadre épidémiologique
ou lors de bilans hépatiques complexes avec co-infections.

Ressource(s) interne(s)

Webinaire LABÉO ACADEMY
Paramètres hépatiques dans le rouge : comment interpréter ? Que faire ?

Pour en savoir plus

Stéphane Pronost, Christine Fortier, Erika Hue, Francis Desbrosse, Marc Foursin, et al. (2018) Hépacivirus, pégivirus, TDAV : une nouvelle triade de virus hépatiques chez le cheval ?. Pratique vétérinaire équine, 197, pp.24-31.

Tomlinson J.E, Van de Walle G.R., Divers T.J. (2019) What Do We Know About Hepatitis Viruses in Horses? Vet Clin Equine 35 (2019) 351–362 https://doi.org/10.1016/j.cveq.2019.03.001