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TDAV (Theiler’s Disease–Associated Virus)

Virus historiquement lié à la maladie de Theiler, le TDAV reste aujourd’hui un marqueur d’exposition iatrogène et de co-infection virale, plus qu’un agent hépatopathogène unique clairement identifié.

Prélèvement

Sang sur tube sec ou EDTA ou biopsie hépatique (dans un tube avec sérum physiologique voire dans un tube sec / Pas de formol !)

Acheminement

Idéalement < 24 h, sous couvert du froid (ne pas poser directement sur le pain de glace)

Délai de réponse

48 à 72H

Coût

48,30 € TTC(2026)
Recherche 1 ou plusieurs virus hépatiques.
Les autres virus hépatiques sont : Hepacivirus équin, Pégivirus équin et TDAV.
Une synthèse est présentée dans la fiche «Bilan virus hépatiques »
1 valence : 48,30 €, 2 valences : 75,56 €, 3 valences : 101,26 € et 4 valences : 114,25 € TTC (2026)

Principe

Le TDAV (Theiler’s Disease–Associated Virus) est un virus à ARN appartenant au genre Pegivirus (famille Flaviviridae).

Il a été identifié en 2015 dans le contexte de la maladie de Theiler (hépatite aiguë post-sérum), mais son rôle causal exact reste débattu. Il est distinct du Pegivirus équin (EPgV) et de l’Hépacivirus équin (EqHV).

Origine et classification

  • Famille : Flaviviridae
  • Genre : Pegivirus (Pegivirus A–K)
  • Virus équin concerné : TDAV (Theiler’s Disease–Associated Virus)

Bien que classé parmi les Pegivirus, le TDAV se distingue phylogénétiquement de l’EPgV et de l’EqHV.

Épidémiologie

Les données disponibles montrent une prévalence généralement faible, mais variable selon les populations étudiées et les méthodes de détection (PCR).

Dans les cohortes publiées :

  • Le TDAV est rarement détecté seul.
  • Il est fréquemment retrouvé en co-infection avec EqHV et/ou EPgV, notamment dans des produits biologiques équins.

Transmission

La transmission du TDAV est principalement suspectée comme iatrogène, via :

  • Sérums ou produits biologiques équins contaminés
  • Transfusions de plasma
  • Injections de produits dérivés du sang équin

Cette voie est cohérente avec le contexte historique de la maladie de Theiler, classiquement associée à l’administration de sérum hyperimmun.

La transmission naturelle (contact, verticale ou vectorielle) n’est pas clairement démontrée.

Tropisme et biologie virale

Contrairement à l’EqHV (plutôt hépatotrope), le TDAV :

  • Ne présente pas de tropisme hépatique strict démontré,
  • Est détecté dans le sang,
  • Et pourrait avoir un tropisme cellulaire plus large, proche des autres Pegivirus.

Les données actuelles suggèrent que le TDAV n’est pas nécessairement le seul responsable des hépatites aiguës observées.

Clinique et pathogénicité

Le TDAV a été initialement associé à la maladie de Theiler, caractérisée par :

  • Hépatite aiguë sévère,
  • Augmentation marquée des enzymes hépatiques (GLDH, GGT, ASAT),
  • Parfois insuffisance hépatique fulminante.

Cependant, plusieurs éléments nuancent son rôle pathogène :

  • Le TDAV est souvent retrouvé en co-infection avec l’EqHV.
  • Dans certains cas d’hépatite post-sérum, l’EqHVest détecté sans TDAV.
  • Dans d’autres cas, le TDAV est présent sans signes cliniques majeurs.

Conclusion actuelle

Le TDAV est associé à la maladie de Theiler, mais sa responsabilité exclusive n’est pas démontrée ; il pourrait agir comme cofacteur ou marqueur d’exposition iatrogène. Des études récentes montrent que le parvovirus équin (EqPV-H) est souvent impliqué dans cette maladie

Co-infections (élément central)

Les études montrent fréquemment :

  • TDAV + EqHV
  • Parfois TDAV + EPgV + EqHV

Ces co-infections compliquent l’interprétation clinique et épidémiologique, rendant difficile l’attribution d’une hépatite à un seul virus.

Diagnostic de laboratoire

Méthode de choix : RT-PCR (temps réel) sur sang total ou plasma.

Indications du dépistage TDAV

  • Hépatite aiguë inexpliquée
  • Suspicion de maladie de Theiler (post-sérum)
  • Bilan hépatique sévèrement perturbé après administration de produits biologiques équins
  • Recherche de co-infection avec EqHV et EPgV

Interprétation

  • Une PCR TDAV positive seule ne prouve pas la causalité de l’hépatite.
  • En cas d’anomalies hépatiques, il est essentiel de rechercher EqHV et EPgV en parallèle.
  • L’interprétation doit intégrer :
    • Le contexte clinique,
    • L’historique d’injections de sérum ou plasma équin,
    • Le bilan biochimique hépatique (GGT, GLDH, ASAT, PAL, acides biliaires, bilirubine).

À associer systématiquement à

Message clé LABÉO

Le TDAV est un virus associé à la maladie de Theiler, principalement transmis par voie iatrogène, mais dont la responsabilité causale n’est pas exclusive. Sa détection prend surtout tout son sens dans les hépatites aiguës post administration de sérum hyperimmun et doit toujours être interprétée conjointement avec le bilan hépatique et la recherche des autres virus hépatiques (EqHV, EPgV).

Ressource(s) interne(s)

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