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Vitamine A (Rétinol)

Essentielle à la vision, à l’immunité et à l’intégrité des tissus, la vitamine A joue un rôle clé dans la santé générale et le développement du cheval.

Prélèvement

Tube hépariné

Acheminement

Idéalement en 24H et sous couvert du froid (ne pas mettre le tube directement sur le pain de glace)

Délai de réponse

Analyses les lundi et jeudi. Réponse le lendemain (si le prélèvement arrive avant midi).

Coût

Coût : 47,78 € TTC(2026)

Principe

La vitamine A est une vitamine liposoluble essentielle, apportée exclusivement par l’alimentation chez le cheval.
Elle est présente sous forme de précurseurs caroténoïdes (principalement le β-carotène) dans les fourrages verts, puis convertie en rétinol au niveau intestinal et hépatique.

Elle est stockée majoritairement dans le foie, ce qui explique des carences généralement progressives mais aussi un risque de toxicité en cas de sur supplémentation prolongée.

Rôles biologiques majeurs

La vitamine A intervient dans :

  • La vision, en particulier l’adaptation à l’obscurité (vision crépusculaire),
  • L’intégrité des épithéliums (peau, muqueuses respiratoires, digestives et génitales),
  • Le système immunitaire, en soutenant les défenses innées et adaptatives,
  • La reproduction (fertilité, gestation),
  • La croissance et le développement osseux, notamment chez le poulain.

Sources alimentaires

Principales sources chez le cheval :

  • Herbe fraîche (riche en β-carotène),
  • Foin de bonne qualité (teneur variable, diminuant avec le stockage),
  • Aliments composés et compléments vitaminés.

Les chevaux nourris exclusivement au foin stocké longtemps ou sans accès à l’herbe fraîche sont plus exposés au risque de déficit.

Carence en vitamine A

Mécanisme

Une carence résulte le plus souvent :

  • D’un apport alimentaire insuffisant en caroténoïdes,
  • D’un stockage hépatique épuisé,
  • Plus rarement d’un trouble de l’absorption digestive ou de la fonction hépatique.

Signes cliniques possibles

  • Troubles de la vision, notamment cécité nocturne,
  • Sensibilité accrue aux infections,
  • Altérations cutanées et des muqueuses,
  • Retard de croissance chez le poulain,
  • Troubles de la reproduction.

Excès et toxicité

La vitamine A possède un potentiel toxique, mais les intoxications restent rares en pratique et sont presque exclusivement liées à une supplémentation excessive et prolongée.

Les effets toxiques dépendent du niveau de sur-apport :

  • ≈ 100 fois l’apport recommandé :
    ralentissement de la croissance, pelage terne, diminution du tonus musculaire.
  • ≈ 1 000 fois l’apport recommandé :
    inflammation systémique marquée, abattement, chute de poils, troubles de la coordination, déformations osseuses sévères et, dans les cas extrêmes, issue fatale.

À noter : les caroténoïdes (β-carotène) ne sont pas toxiques, car la conversion enzymatique du carotène en vitamine A est finement régulée par l’organisme.

La toxicité est presque toujours iatrogène, liée à une supplémentation non raisonnée.

Intérêt biologique

Le dosage de la vitamine A est indiqué pour :

  • Explorer des troubles visuels ou cutanéo-muqueux,
  • Évaluer l’immunité et l’état nutritionnel,
  • Investiguer des troubles de croissance ou de reproduction,
  • Contrôler une supplémentation vitaminique,

Explorer une suspicion de toxicité chronique

Valeurs usuelles

Vitamine A sérique (rétinol) : 0,1-0,2 mg/L

Pour avoir une vision globale du dosage des différentes vitamines, voir bilan vitamines : récapitulatif pratique

Interprétation

  • Une valeur normale n’exclut pas toujours un déficit tissulaire précoce.
  • Le statut doit être interprété en lien avec la ration, la durée de stockage des fourrages et le contexte clinique.
  • Toute supplémentation doit être raisonnée et adaptée, en particulier chez le poulain et la jument gestante.

Message clé LABÉO

La vitamine A est indispensable mais non anodine : carence et excès sont tous deux délétères.
Son dosage permet d’ajuster finement la ration et d’éviter les erreurs de supplémentation.

Quoi doser en pratique ? Bêta-carotène et/ou Vitamine A ?

Bêta-carotène
→ Reflète l’apport alimentaire (herbe fraîche)
→ Indispensable en reproduction et immunité
Aucune toxicité décrite

Vitamine A
→ Hormone vitaminique active, stockée par le foie
→ Carence rare, excès possible
Supplémentation non empirique

Sur le terrain :
Foin seul → doser bêta-carotène
Suspicion clinique ciblée → doser vitamine A

Comparaison Vitamine A et Bêta-carotène
Critère Vitamine A (rétinol) Bêta-carotène
Nature Vitamine liposoluble active Caroténoïde, précurseur de la vitamine A
Origine alimentaire Produits d’origine animale, compléments Herbe fraîche exclusivement
Présence dans le foin Indirecte, variable Très faible (dégradé par le séchage et le stockage)
Conversion Déjà biologiquement active Converti en vitamine A selon les besoins
Régulation Peu régulée Conversion enzymatique finement régulée
Stockage Foie (réserves importantes possibles) Pas de stockage significatif
Risque de carence Possible si ration inadéquate prolongée Fréquent chez chevaux au foin
Risque de toxicité Oui (hypervitaminose A possible) Non (pas de toxicité décrite)
Rôle principal Vision, immunité, croissance, reproduction Précurseur vit. A, reproduction, immunité, antioxydant
Intérêt du dosage Évalue le statut vitaminique global Évalue l’apport nutritionnel réel (herbe)
Intérêt en reproduction Important mais peu spécifique Très pertinent (jument et étalon)
Influence de la saison Faible Très marquée
Valeur usuelle 0,1 – 0,2 mg/L 0,3 – 1,5 mg/L